dissabte, 7 de maig de 2011

Què faràs quan siguis gran?

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"Nous n'abordions pas non plus l'inepte question de notre avenir. Peut-être parce qu'instinctivement nous avions tous trouvé la seule vraie réponse: "Quand je serai grand, je penserai à quand je étais petit". Il allait de soi que l'âge adulte était voué à l'enfance. Les parents et leurs complices étaient sur terre pour que leurs rejetons n'aient pas à se soucier de questions ancillaires comme la norriture et le gîte. Pour qu'ils puissent assumer à fond leur rôle essentiel: être enfants, c'est-à-dire être.

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En mon for intérieur j'étais persuadée que je ne deviendrais jamais adulte. Le temps durait trop long temps pour que cette chose puisse arriver. J'avais sept ans: ces quatre-vingt-quatre mois m'avaient paru interminables. Ma vie était d'une longueur! La simple idée que je pusse encore vivre un nombre égal d'années me donnait le vertige. Sept ans supplémentaires! Non. Ce serait trop. Je m'arrêterrais sans doute à dix o onze ans, au comble de la saturation. Je me sentais déjà presque saturée, d'ailleurs: il m'etait arrivée tant de choses!

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Cette incrédulité en accompagnait une autre: quand les adultes parlaient de leur enfance, je ne pouvais m'empêcher de penser qu'ils mentaient. Ils n'avaient pas été enfants. Ils étaient adultes de toute éternité. La déchéance ne existai pas, car les enfants restaient des enfants, comme les adultes restaien des adultes."

Amélie Nothomb. Le sabotage amoureux.